Suite à un cambriolage récent, l’expert mandaté par l’assurance pour l’évaluation des biens volés nous appelle. Le raison ? Il a du mal à fixer un prix sur du « si vieux » matériel. On a en effet déclaré des objets type appareils photos numériques ou ordinateurs, achetés durant la période 2001-2006. Un dossier tout à fait exceptionnel, nous dit l’expert, peu habitué semble-t-il à chiffrer du matériel acheté il y a plus de trois ans. En appliquant les règles conventionnelles, il ne pouvait nous proposer que 15 € pour notre appareil photo (acheté 500 € à l’époque), et cela le mettait mal à l’aise.
C’est dit : l’obsolescence programmée a atteint un niveau tel que tout ce qui a plus de quatre ans a évoque la préhistoire.
La prochaine fois, je vous expliquerais comment des chercheurs pensent pouvoir observer le big-bang en étudiant les télés cathodiques des années 90.
Un expert de l’assurance face à l’obsolescence programmée
La fois de trop
Je m’inquiète un peu pour le train.
Ne nous y trompons point, j’aime voyager en train. Je préfère largement me laisser porter par un wagon que de m’enfermer dans une voiture. Les raisons à cela sont légion : confort de ne pas avoir à conduire, sécurité, et écologie sont les principales. Elles l’emportent même sur les tares qui désagrémentent l’utilisation du rail : contrainte de se plier aux horaires, durée du voyage allongée (en tenant compte des correspondances et du temps passé à se rendre à la gare), correspondances. Au final, oui, je préfère me laisser porter pendant 3 heures que de conduire pendant 2.
Mais la tendance actuelle me fait me demander si le train n’est pas en passe de ne plus être mon moyen de transport de prédilection. Essayez d’organiser un voyage en train, par exemple, et vous réalisez que votre destination est très mal desservie. Soit que les horaires sont trop contraignants (genre un le matin à 7h, un deuxième et dernier le soir à 18h), soit que les correspondances obligent à des détours stupides, voire souvent les deux. Quand vous avez la chance que votre destination soit desservie, ce qui est de moins en moins le cas.
Supposons que vous ayez fait tous les efforts : vous avez pris soin que votre destination possède une gare, vous avez accordé vos horaires à ceux du train, pris vos disposition pour vous rendre à la gare de départ et pour partir de la gare d’arrivée, et vous avez limité vos bagages à une valise et un sac à main. Vous vous heurtez alors à une inconnue : quel sera le retard du train ? Sera-t-il 10 minutes en retard ? Une demi-heure ? Une heure ? Deux ? Allez-vous rater votre correspondance, vous obligeant à vous rabattre sur le train d’après (en supposant qu’il y en ait un) ?
Quiconque a déjà passé deux heures sur un quai sait très bien de quoi je parle. Mais ce n’est pas tout. Car après tout, le voyageur habitué aura prévu un livre ou un gadget pour l’occuper un temps indéterminé et, après tout, aussi frustrant que soit cette perte de temps, elle n’est pas si grave. Mais rajoutez à ce scénario l’élément suivant : vous voyagez avec un enfant bas âge. Celui qu’il faut changer sur le quai en plein hiver. Celui qui souffre des fortes chaleurs. Celui qu’il faut nourrir avec les aliments bien spécifiques qui l’attendent à la maison. Celui, enfin, qui n’a pas la patience d’un adulte, et va se comporter de manière pénible (pour lui comme pour ses parents).
Si, oh si, de tels retards étaient exceptionnels, là encore je dirais que ce sont des choses qui arrivent, et qu’il n’y a pas mort d’homme. Mais le voyage en devient très désagréable, et l’objecteur de croissance que je suis commence à juger d’un oeil moins sévère tous ceux qui ne se posent pas de question et utilisent leur voiture. Car, nous y voilà, ces retards n’ont rien d’exceptionnels.
Douleur
C’est quelque chose que j’essayais déjà de faire, mais l’expérience de la douleur va m’y encourager plus encore. Me dire que la personne que j’ai en face de moi, quelle qu’elle soit, et de quoi qu’elle ait l’air, possède ses propres blessures. Toujours garder en tête que n’importe qui a pu vivre des choses difficiles, voire terribles. Et que ces peines sont sans doute d’une grande influence, dans nos façon d’agir ou de penser.
« Avez-vous un plan ? »
Chaque fois qu’un automobiliste ou un piéton me demande son chemin, j’ai une question rituelle.
« Avez-vous un plan ? »
La réponse est souvent que non, il n’a pas de plan.
Et pourtant, les avantages du plan sont légions. Pensez donc : il permet de trouver son chemin, sans tourner en rond pendant des heures, sans appeler Pierre ou Paul avec un appareil de type téléphone portable, sans même embêter piétons et cyclistes avec des questions du genre « Où se trouve l’impasse Paul Niquedouille ? ». Bon marché, il se glisse facilement dans un sac, et permet de s’orienter facilement.
Voyons quand même les inconvénients du plan. Rapidement obsolète, il indique parfois une longue route déserte, là où on trouve trois lotissements et huit rond-points. Limité dans l’espace, il ne couvre pas toutes les villes dortoirs qui encerclent les mégapoles. Si on est seul et en voiture, il est impossible de le consulter sans s’arrêter, ce qui n’est pas toujours aisé.
Bref, amis touristes, travailleurs en déplacement, je suis ravi de vous indiquer le chemin. J’y met autant de plaisir si vous êtes du coin, mais ayez quand même un plan sur vous, ça simplifie bien la démarche.
Du bon usage de la fonction « Répondre à tous »
Certains usages du courrier électronique m’énervent. On pourrait par exemple croire qu’avec le temps, les canulars, chaînes de la chance et autres pollutions électroniques disparaitraient. Il m’arrive hélas encore d’en recevoir, et oui, nous sommes bien en 2010. Et que dire des mails humoristiques ? Ben tiens, je vais laisser faire les Malpolis, qui vont expliquer cela en chanson. Voir la vidéo sur youtube (après quelques minutes de blabla).
Je vais au sujet. Quoi de plus simple que d’envoyer un même message à un grand nombre de correspondants ? Il suffit d’ajouter des adresses en tant que destinataires ou de les mettre en copie. Là où le bât blesse, c’est quand vient à être utilisée la fonction « Répondre à tous ». Si vous êtes le destinataire d’une invitation, vous aurez ainsi le droit de lire les multiples réponses d’autres invités, et pourrez apprécier de la prose très littéraire, telle que « J’en suis !
», ou autres « Peux pas, désolé ». Soyons cru : ça encombre les boites aux lettres et ça ne sert à rien.
J’ai donc écrit deux commandements, que j’énonce ici, et dont je vous propose de prendre bonne note.
Premier commandement : Pour répondre à un message, la fonction « Répondre à tous » tu éviteras.
Deuxième commandement : Pour écrire un message à plusieurs personnes, le mode « copie cachée » tu utiliseras.
J’anticipe la critique. Le « répondre à tous » a bien évidemment son sens sur les listes de discutions.
100 m = 1 km
Les jours de semaine où il fait beau, quand vient l’heure du repas, je ne reste pas dans l’ambiance enclavée de la salle réservée à la pause café. Je prends mon vélo, et je fais un petit kilomètre pour atteindre le parc Odyssud. Je m’y installe, sur un banc ou directement par terre. Je sors mon pic-nique, un bouquin, et je profite tranquillement du beau temps et des canards en cassant la croute. Puis, je refais le même kilomètre dans l’autre sens, et retourne à mon bureau.
Par la fenêtre du dit bureau, j’ai une vue presque directe sur le parc. A vol d’oiseau, il doit être à cent mètres. Malheureusement, je ne ferais jamais ces cents mètres à pieds, car voilà, la route de Cornebarrieu passe entre mon immeuble et la verdure. C’est une deux voies ultra fréquentée, et rien n’est prévu pour qu’on puisse la traverser.
C’est merveilleux le progrès. Pour « gagner du temps », on construit des routes immenses, et si parfaitement infranchissable qu’il faut faire de longs détours pour passer de l’autre côté.
Ces machines qui m’énervent
Au boulot, la direction a remplacé il y a une petite année la cafetière, au profit d’une machine à expresso. Fini le partage d’un même café, chacun y va de sa capsule. La machine produit les boissons une à une, il faut être patient. Elle est bruyante, il faut être sourd. Elle est grotesque, et prend toute la place sur l’armoire. Elle pollue à mort : elle contient une réserve d’eau maintenue chaude 168 heures par semaine, et je ne parle pas des énormes capsules individuelles, toujours accompagnées de gobelets et de touillettes en plastique. A côté, on a une bouilloire, avec lequel on peut faire du thé. A moins qu’on ne préfère … du thé en capsule ! (il y a du chocolat chaud et du cappuccino, aussi).
Autre alien qui hante le couloir du bureau : la fontaine à eau. A la base, c’est une bonne idée : je ne trouve pas ça très normal de ne pas avoir d’eau à disposition là où je bosse. Certes, les bidons de plastique sont plus gros que moi, avec le coup logistique qui va avec. Les choses se gâtent vraiment ensuite. Premier hic : les gobelets en plastique. Encore eux. Ils permettent à mes collègues de boire un unique verre d’eau, après quoi ils se retrouvent à la poubelle. Deuxième hic : la fontaine est branchée sur le secteur car elle propose de l’eau réfrigérée. Et même en hiver, si si !
Le Bal des Vampires
Le Bal des Vampires, de Roman Polansky, était un des premiers films qu’on posséda en vidéo à la maison. C’était il y a très longtemps, je n’avais pas encore ma taille d’aujourd’hui, et « l’autorité suprême » (les parents) avaient finalement consenti à acheter un magnétoscope.
Mes sœurs et moi connaissions déjà le Bal des Vampires. Nous l’avions vu et aimé. Quand il fut rediffusé, en version originale, l’enregistrer fut pour nous l’opportunité de le revoir encore par la suite. Comme nous n’avions pas beaucoup de films en K7, que c’était il y a bien des années, et que je ne me suis jamais lassé de cette histoire de vampires, le Bal des Vampires est un des deux films que j’ai visionné le plus de fois dans ma vie (l’autre étant « La cité des enfants perdus », de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro. Je vous en parle un autre jour). Le temps a passé, j’ai attendu avec patience la sortie du film en DVD, ce qui m’a permis de le revoir encore plusieurs fois. Internet m’a également fait découvrir la comédie musicale inspirée du film : « Tanz der Vampire », que je pourrais voir si elle s’aventure un jour en France.
Il est curieux de constater combien certains films ne lassent pas. Le Bal des Vampires fait partie de ces titres que je revois toujours avec la même jubilation. Je sème perplexité autour de moi, ayant du mal à faire comprendre pourquoi cette création de Polansky est culte. Après réflexion, c’est peut-être une question d’ambiance. Les personnages, le rat de bibliothèque professeur Abronsius, et l’assistant maladroit Alfred, nous mènent en Transylvanie. On y visitera une auberge, un château, et les collines enneigées qui les séparent. On croisera ce faisant la belle Sarah, son père Shagal l’aubergiste, le maléfique comte von Krolock et son horrible larbin bossu Koukol, pour n’en citer que quelques uns. Le génie de ce film tient à cela : les lieux et les personnages. Pour la raison simple qu’ils sont tous parfaitement crédibles. Comment ne pas croire à ce château perdu dans fond du pays ? Voyez ces pierres, comme elles sont froides. Il y a des toiles d’araignées partout. Une galerie de portrait défigure les murs avec les aïeuls du vampire, aux allures de bête. Les chambres sont meublées d’immenses lits à baldaquins, dans lesquels on s’enfonce pour ne plus ressortir. Admirez comment le comte von Krolock est à l’aise dans sa demeure. Jamais il ne perd sa dignité. Koukol est tel un chien, dévoué et sauvage. Frémissez quand il égorge un loup, et s’en revient la bouche pleine de sang. Écoutez. Écoutez les loups, qui hurlent au crépuscule. Et l’auberge, ah l’auberge ! Le bois y grince. Le beurre intartinable. Il y a de l’ail partout. Les bucherons s’y retrouvent pour s’y réchauffer et partager un grog.
Je m’arrête là, vous voyez le tableau. Je suis fan.
Vous pouvez épeler ?
L’autre jour, j’entre dans un grand temple de la consommation de produits culturels. Trois étages de livres, de disques et de DVDs en libre service, pour acquisition contre un sac d’euros. J’espère trouver l’intégrale des films de Georges Méliès , souvent vu comme un des pères fondateurs du cinéma fantastique à effets spéciaux.
Comme je ne veux pas perdre de temps, je m’adresse directement à un vendeur :
« Bonjour, je cherche les DVDs des films de Georges Méliès.
- Je vais regarder. » Il se penche sur son ordinateur. « Vous m’avez dit ?
- Georges Méliès.
- Georges M … Vous pouvez épeler ? »
Je me suis alors dit que la culture générale n’était pas un critère d’embauche dans les grands temples de la consommation de produits culturels.
Les deux gros partis
Il y a en France deux gros partis, qui ont en commun d’avoir tous deux occupé l’ensemble des responsabilités politiques françaises, des plus simples aux plus importante, jusqu’au firmament que représente l’Élysée. Ces deux gros partis ont autre chose en commun. Leurs élus sont incapables de répondre aux attentes des français. Citons en vrac : ils ne tiennent pas leurs promesses, mènent des politiques qui vont contre le bien être du peuple, agissent de manière anti démocratiques, cumulent les mandats, sont pour certains trempés jusqu’au cou dans les scandales, sont carriéristes, font de la politique politicienne, la liste est longue.
Encore une fois, amis lecteurs, je généralise. Inutile de me jeter la pierre en pointant du doigt telle ou telle tête de pipe qui auraient les mains propres et une conscience citoyenne respectable. J’espère bien que c’est le cas, et j’en suis convaincu.
Venons-en aux élections. Que qu’en soit l’enjeu, je suis toujours sidéré de voir les résultats du premier tour. Premier tour qui se caractérise par l’abondance de candidats et de listes, qui ont pour leur part en commun de n’avoir que rarement exercé le pouvoir (si jamais), et de proposer des politiques nouvelles. Je ne dis pas que les dites politiques sont toutes souhaitables, loin de là (suivez mon regard). Ni que les candidats et listes sont exempts de critiques. Mais je reste pantois à la vue de leurs scores déplorables, en comparaisons de l’écrasante domination des « deux grands partis ». Comment diable peut-il y avoir autant de monde prêt à suivre tous ces cols blancs, qui déçoivent, années après années, élections après élections ?
« Je ne comprends pas. » (Raphaël Poulain)