L’autre jour, j’entre dans un grand temple de la consommation de produits culturels. Trois étages de livres, de disques et de DVDs en libre service, pour acquisition contre un sac d’euros. J’espère trouver l’intégrale des films de Georges Méliès , souvent vu comme un des pères fondateurs du cinéma fantastique à effets spéciaux.
Comme je ne veux pas perdre de temps, je m’adresse directement à un vendeur :
« Bonjour, je cherche les DVDs des films de Georges Méliès.
- Je vais regarder. » Il se penche sur son ordinateur. « Vous m’avez dit ?
- Georges Méliès.
- Georges M … Vous pouvez épeler ? »
Je me suis alors dit que la culture générale n’était pas un critère d’embauche dans les grands temples de la consommation de produits culturels.
Vous pouvez épeler ?
Les deux gros partis
Il y a en France deux gros partis, qui ont en commun d’avoir tous deux occupé l’ensemble des responsabilités politiques françaises, des plus simples aux plus importante, jusqu’au firmament que représente l’Élysée. Ces deux gros partis ont autre chose en commun. Leurs élus sont incapables de répondre aux attentes des français. Citons en vrac : ils ne tiennent pas leurs promesses, mènent des politiques qui vont contre le bien être du peuple, agissent de manière anti démocratiques, cumulent les mandats, sont pour certains trempés jusqu’au cou dans les scandales, sont carriéristes, font de la politique politicienne, la liste est longue.
Encore une fois, amis lecteurs, je généralise. Inutile de me jeter la pierre en pointant du doigt telle ou telle tête de pipe qui auraient les mains propres et une conscience citoyenne respectable. J’espère bien que c’est le cas, et j’en suis convaincu.
Venons-en aux élections. Que qu’en soit l’enjeu, je suis toujours sidéré de voir les résultats du premier tour. Premier tour qui se caractérise par l’abondance de candidats et de listes, qui ont pour leur part en commun de n’avoir que rarement exercé le pouvoir (si jamais), et de proposer des politiques nouvelles. Je ne dis pas que les dites politiques sont toutes souhaitables, loin de là (suivez mon regard). Ni que les candidats et listes sont exempts de critiques. Mais je reste pantois à la vue de leurs scores déplorables, en comparaisons de l’écrasante domination des « deux grands partis ». Comment diable peut-il y avoir autant de monde prêt à suivre tous ces cols blancs, qui déçoivent, années après années, élections après élections ?
« Je ne comprends pas. » (Raphaël Poulain)
La publicité tue
Je m’étonne de ne pas voir le sujet évoqué plus souvent par les anti-publicitaires. J’aimerais bien que quelqu’un fasse une étude sur l’impact de l’affichage publicitaire sur la sécurité routière.
Dans les rues d’une ville telle que Toulouse, il y a un panneau de 12 m² tous les 50 mètres. Ces panneaux sont les supports d’affiches dont le contenu a été spécialement étudié par les publicitaires pour attirer l’attention. Je ne trouve pas ça cohérent avec le discours de bon sens qui dit que le conducteur d’un véhicule d’une tonne et demi se doit d’être attentif à son environnement. Au moment où Aubade me provoque avec les courbes sensuelles d’une demoiselle en petits dessous, que SFR me vante son nouveau forfait à prix imbattable*, ou que Peugeot met en valeur sa dernière automodébile avec un splendide fond blanc, je ne vois pas comment on peut exclure qu’au même moment un piéton traverse la route, un cycliste fasse un écart pour éviter une bouche d’égout, ou que la voiture de devant freine brusquement.
La publicité tue-t-elle ? Le simple fait que la question se pose m’inquiète.
La princesse et la grenouille
Nous sommes allé voir le dernier Walt Disney : La princesse et la grenouille.
Je ne vais pas m’étendre en critique. Le film m’a beaucoup plu dans l’ensemble. Certains personnages ont un air de déjà vu. Par exemple, le Maitre des Ombres fait beaucoup penser à Jaffar, le méchant vizir dans Aladdin. Sachant que les deux films ont les mêmes réalisateurs … Non, ça n’a pas d’importance.
Je profite pourtant de ce blog pour saluer le grand retour de Walt Disney à l’animation traditionnelle. En 2005, le studio d’animation avait en effet décidé de se consacrer à l’image de synthèse, avec des films comme Chicken Little et Volt. Il est important ici de faire la distinction avec les films de Pixar, tels que Toy Story, les Indestructibles et Wall-E (pour citer mes préférés), qui n’étaient que distribués par Walt Disney.
Bref, grand fan d’animation traditionnelle, et groupie des productions Disney, par exemple des cultes Aladdin et le Roi Lion, et même si je sais que Walt Disney est une entreprise capitaliste parfois horrible, je me réjouis de ce grand retour.
Vu dans les publicités
Vu dans les publicités :
« Mangez des pop-corn Bouf ! (Pour votre santé, mangez des fruits et des légumes) »
« Buvez des soda Gloups ! (Pour votre santé, faites du sport) »
« Buvez du pastis Glouglouf ! (L’abus d’alcool est dangereux pour la santé) »
« Fumez des cigarettes Teuheuf ! (Fumer tue) »
« Conduisez la voiture de sport Vrouvouf ! (Respectez le code de la route) »
« Consommez le produit Badaboum ! (Pour votre santé, ne consommez pas le produit Badaboum) » (Bon, OK, celui c’est moi qui l’ai inventé)
Quand change-t-on de paradigme ?
Nous avons un jour mis la main sur une vieille paperasse qui concernait l’admission dans une maternité. Parmi les affaires recommandées pour le futur bébé, entre les body et autres turbulettes, était indiqué « 10 couches + 10 couches jetables ». Valérie et moi avons échangé un regard interloqué. Le papier en question datait de la génération de nos parents. A l’époque, il était nécessaire d’ajouter l’adjectif « jetable » pour désigner ce qu’on appelle aujourd’hui tout bêtement une « couche ». Il était par ailleurs implicite qu’une « couche » non qualifiée impliquait qu’elle soit « lavable ».
Ce qu’il y a d’intéressant ici, c’est qu’une couche « normale », en une génération, est passée de « lavable » à « jetable ». La question est : à quel moment a eu lieu le changement de paradigme ? Quand fut-il admit que le jetable était devenue la norme au détriment du lavable ? S’est-on demandé si la transition était normale ? Ou même souhaitable ? Quelqu’un y a-t-il seulement pensé ?
La vérité est sans doute que personne n’y a prêté attention.
Il y a d’autres exemples.
Comme l’agriculture. Pourquoi parle-t-on d’agriculture « conventionnelle » et d’agriculture « biologique » ? Pourquoi définie-t-on la bio par opposition à une agriculture considérée comme étant normale ? Depuis quand ? Ne vaudrait-il pas mieux requalifier la bio en « conventionnel » et le « conventionnel » en « intensif » ?
La situation a le mérite d’être différente. Au sortir de la seconde guerre mondiale, il n’y avait pas de chimie et pas d’OGM. L’introduction de ces derniers s’est faite progressivement, et devait être perçue comme le fruit d’une évolution naturelle. Il a fallu que soit découverts leurs effets nocifs sur la santé et sur l’environnement, et que naisse une « autre agriculture », respectueuse, pour nécessiter un qualificatif.
Pour terminer, nous assistons en ce moment à un autre changement de paradigme. Le téléphone filaire devra bientôt être systématiquement qualifié comme tel, sous peine d’être confondu avec le portable, dont on admettra la nature à la simple évocation du mot « téléphone ». Je ne serais pas surpris qu’on me dise que la transition a déjà eu lieu : j’ai parfois l’impression de surprendre, quand je donne mon numéro et qu’il commence par 05.
Cas général vs cas personnel
J’ai remarqué que quand on aborde certains sujets, on récolte parfois des réactions très passionnées, mais un peu à côté de la plaque.
Ainsi est l’incapacité dont font preuve certaines personnes pour dissocier leur cas personnel de la globalité. Prenons quelques exemples.
Exemple 1 : L’omniprésence des chiens. Il y a en France 8 millions de chiens domestiques. Osez dire qu’un si grand nombre de canins est source de nuisance, en particulier en milieu urbain (déjections, aboiements, agressions, etc.). Vous aurez une réponse outrée ressemblant à « Mon Kiki est propre et n’aboie pas ! ». Comme si le fait que Kiki soit sage est bien éduqué suffise à étendre la formule à ses 8 millions de cousins.
Exemple 2 : Affirmation : « Tout le monde se passait de téléphone portable il y a seulement 15 ans, donc les téléphones portables n’ont rien d’indispensable. » Réponse : « Et comment tu fais si tu es en panne sèche sur l’autoroute ? »
Exemple 3 : Affirmation : « La télévision ne passe que des émissions débiles. » Réponse : « C’est faux, j’ai vu un documentaire passionnant sur la reproduction des castors sur Arte »
Exemple 4 : « De nombreuses personnes pourraient très bien se passer de voiture en utilisant les transports en commun ». Réponse : « J’habite à 30 kms de l’agglomération, il n’y a pas de bus ! »
Je pourrais continuer sur la plupart des sujets de société. Il nous faut apprendre à considérer les sujets dans leurs généralités. Ne pas oublier qu’il y a des cas particuliers qui, pris isolément, sortent du lot, mais qui au final reste cela : des cas isolés. Inutile de se faire l’avocat du diable parce qu’on se sent agressés, vu qu’à la base il n’y a pas agression. Mais débat. Discutons, plutôt que de vouloir nous justifier à tout pris.
Êtes-vous un coude plié ?
Je suis piéton, je suis cycliste, je suis in facto dos à une âme qui s’en va tranquillement, dans la même direction que moi. Un détail attire mon attention : cette personne a le coude plié. L’évidence m’abat : il y a bien là conversation téléphonique. Vive le portable (ironie inside).
J’aime marcher. Ces petits trajets, d’un arrêt de bus à une résidence ou un lieu de travail, sont des moments où je laisse mon esprit vagabonder. Il est libre d’aller où bon lui semble, du plus grave au plus futile. Il se vide de toute préoccupation immédiate, et se repose.
Pourquoi vouloir boucher ce trou ? Pourquoi considérer ce court passage comme du temps perdu, et chercher à en faire quelque chose de fonctionnel ? Pourquoi se couper de son environnement, pour tenir compagnie à quelqu’un qui se trouve ailleurs ?
Je ne dirais pas qu’il y a de plus en plus de coudes pliés. Mais il y en a beaucoup, et je trouve ça un peu dommage.
La voiture est une œuvre d’art
La voiture est une œuvre d’art. C’est du moins ce que les publicitaires tentent de nous faire croire, à en juger par le visuel proposé à chaque nouvelle campagne d’affichage. Le véhicule y est présenté sur fond blanc, avec un slogan flatteur et/ou humoristique.
Je doute qu’être sur fond blanc soit le quotidien d’une automobile une fois celle-ci acquise. Je l’imagine plutôt croupir sur un parking, ou coincée dans un embouteillage. Il y a peut-être des automobilistes qui achètent leurs véhicules pour faire joli, mais j’aime à me dire que les plus nombreux lui trouveront un aspect fonctionnel. Ce dernier sera criblé de considérations telles que le prix de l’essence, les heures de saturation de la rocade, et la disponibilité de places de parking. Il devra l’emmener au garage pour faire des vidanges et autres réparations. Il s’arrêtera signer un constat si un accrochage survient. Il lui faudra également s’endetter pour s’offrir son nouveau jouet, et souscrire à une assurance. Il trouvera l’argent pour rembourser tout ça en passant des heures, nombreuses, loin de ses proches et de ses loisirs, à travailler pour mériter son salaire. Dans le pire des cas, il sera impliqué dans un accident grave, voire fera partie des 1,3 millions de tués de l’année en cours. Je passe sur les considérations écologiques et sociales, les critiques sont légion sur le net. Un exemple ici.
Mais de tout ça, point dans les publicités. Juste un fond blanc et un slogan. La voiture est une œuvre d’art. Débranchez votre cerveau et prenez acte.
Dilemne de la chaussure pour bébé
C’est systématique : faite un bébé, vous voudrez tôt ou tard lui faire enfiler des chaussures. Jusqu’ici tout va bien. Viens alors le dilemme que se posera tout objecteur de croissance soucieux de la meilleure santé de son bébé. Il se trouve que les pédiatres conseillent d’utiliser des chaussures neuves pour nos bouts de choux. A l’usage, les chaussures vont s’adapter à la forme de leurs petits pieds. En d’autre terme, il est recommandé de ne pas utiliser de chaussures d’occasion. Comme il convient de changer ces chaussures tous les trois mois – bébé grandissant à toute allure, et qu’elles valent dans les 70 €, un problème se pose. Que faire des chaussures utilisées ?
La première solution serait des les mettre au rebut. Mais quel gâchis ! Ou sinon tant pis, on les recycle pour un autre enfant, et on admet que ce n’est pas optimal pour ce dernier.
Comme de toutes façon tout le monde n’a pas 70 € à mettre en chaussure tous les trois mois, on va sans doute faire comme ça (ou on les gardera pour numéro 2). Mais je trouve cela injuste qu’il y ait d’un côté les gens qui ont les moyens, et qui peuvent faire le meilleur pour leurs petits, d’un autre côté ceux qui doivent se rabattre sur une solution moins bonne.
Si quelqu’un a une idée pour résoudre ce cas de conscience, je suis preneur.