La Force du Cœur d’Alicia

J’ai commencé l’écriture de mon roman « La Force du Cœur d’Alicia » il y a bien longtemps. Genre fin 2006 ou début 2007. Après tout ce temps passé en compagnie d’Alicia, de sa famille et de ses compagnons, avoir mis un point final derrière ces 650.000 caractères me laisse un peu désemparé. Il y a l’excitation de la recherche d’un éditeur, mais sur ce point la procédure est lancée et il va me falloir attendre de longs mois pour avoir la moindre réponse. Je pourrais faire et je ferais d’autres soumissions durant ce temps, mais ça me fait bizarre de ne plus avoir ce sujet de préoccupation lié au manuscrit lui-même : Les différents chapitres sont-ils bien rythmés ? Le style est-il homogène et bon ? L’histoire est-elle logique et intéressante ? J’ai fait en sorte de pouvoir répondre oui à toutes ces questions, et maintenant, je me demande quoi faire. Laisser l’écriture de côté, pendant quelques temps ou tout de bon ? Écrire des nouvelles ? Faire des bêta lectures sur Cocyclics ? Commencer un nouveau roman ? Et dans ce cas lequel ?
Suis-je seulement un écrivain ?

« Le chien, c’est en laisse ! »

L’autre jour, en rentrant du parc, Jolin filait devant nous à toute vitesse avec sa draisienne. Il est tombé nez à nez avec un gros chien noir. Aucune trace du maitre à l’horizon. Il faut savoir que Jolin a une peur maladive des chiens, et j’ai beau m’être précipité à son côté, il s’est mis à hurler. Surpris par cette réaction un peu excessive, le chien s’est mis à aboyer. J’ai pris Jolin dans mes bras, le chien est parti, et Jolin s’est calmé petit à petit. Valérie et moi étions scandalisés de croiser un chien sans son maître. Il s’est avéré que ledit animal s’était échappé de chez lui par un trou dans le grillage, mais c’est avec une colère bien assumée que nous nous sommes renseignés et que oui, les chiens sont censés être tenus en laisse.
Bref, le lundi suivant, j’amenais Jolin à l’école quand nous croisâmes un autre gros chien courant à toute vitesse, suivi de près par son maître à vélo.
« Le chien, c’est en laisse ! », l’ai-je sermonné. Le cycliste s’est arrêté. Tout gentil, il s’est excusé et m’a expliqué que sa chienne était très calme. Sans doute à raison : l’animal ne nous avait prêté aucune attention.
Ruminant tout ça, je fus saisi d’une révélation : je n’ai aucune idée de ce que c’est que d’avoir un chien, je ne suis même pas sûr de moi pour la laisse, et j’avais lancé une interjection sur le coup de l’émotion sur un sujet que je ne connais pas. Peu ou prou ce que je reproche aux automobilistes qui m’interpellent quand je suis à vélo. Et là je me suis dit : attention Gilles, tu baisses !

Piéton à Lubersac

Parfois, c’est carrément le piéton qui s’interroge sur la place que la voirie lui concède. Prenez une ville comme Lubersac. Circuler à pied dans cette petite ville de Corrèze de 2000 habitants fait prendre conscience une fois de plus de la main mise par la voiture sur l’espace publique. Les rues n’y sont pourtant pas si étroite, et pourtant les trottoirs y sont minuscules. Ils sont même si petits que par moment il devient impossible d’y poser plus d’un pied dessus. Pire, aux rares endroits où marcher confortablement serait possible, il n’est pas rare d’y voir des voitures garées. Je n’ose même pas imaginer ce que ce doit être pour un handicapé moteur. Bien sûr, pendant ce temps, la chaussé permet à deux gros véhicules de se croiser. Bref, le piéton se trouve souvent contraint à marcher sur la route, où circulent des monstres de métal d’une tonne et demi. Emmenez un enfant en bas âge dans cette promenade : frissons garantis.

« Faire » le monde

Ne dites pas : « J’ai visité la Sagrada Familia à Barcelonne ». Dites : « J’ai fait l’Espagne ».
Ne dites pas : « J’ai été au souk à Marrakech ». Dites « J’ai fait le Maroc ».
Ne dites pas : « J’ai vu le Machu Picchu ». Dites « J’ai fait le Pérou ».
A ce rythme, vous en aurez bien assez de votre vie pour faire l’ensemble des pays du monde. Vous aurez donc toute objectivité pour parler géographie, culture voire ethnologie lors des soirées mondaines. Vous pourrez même épater la galerie en affichant une mappemonde dans votre salon et en punaisant les pays concernés. Enfin, vous aurez la satisfaction intellectuelle d’avoir vu tout ce qu’il y a à voir sur notre planète.
Peut-être alors vous intéresserez-vous aux merveilles de votre région, aux curiosités de votre ville natale voire – osons l’imaginer – prendrez-vous la peine d’observer votre quartier.

The Order of the Stick

Ceux qui l’ignorent apprendront que je suis un groupie du webcomic « The Order of the Stick », signé Rich Burlew, qui prend racine ici. Cette bande dessinée réunit tout ce que j’aime : un univers médiéval fantastique riche, des personnages charismatiques et crédibles, et une intrigue passionnante, pleine de coups de théâtre et de rebondissements. Le ton choisit est celui de l’humour, avec de nombreux clins d’œil hilarants au hobby du jeu de rôle, en particulier la 3ème édition de Donjon et Dragon. Un public ciblé, donc, mais s’il est prêt à rater quelques gags, le non initié aura autant de bonheur, tant cette œuvre va au delà la simple parodie.
Une autre chose qui m’a passionné, objet véritable de ce billet, est un bonus qu’on trouve dans l’édition papier de The Order of the Stick. L’auteur a divisé chaque tome en chapitre. Le fait est qu’il fait précéder chacun d’entre eux d’un commentaire assez long, dans lequel il explique ce qu’il a voulu faire à travers tel ou tel élément scénaristique, et comment il s’y est pris pour construire l’histoire. Un véritable making-off, tout à fait unique à ma connaissance (qui ne vaut pas grand chose, ceci dit en passant). L’auteur se dit autodidacte en tant que scénariste. Il dit sans doute vrai, et pour cause : c’est lui le prof !

Vélo vs A320

Être cycliste, c’est parfois se sentir fourmi devant un bulldozer. Exemple concret sur mon trajet domicile-travail. Mon lieu de travail se situant à Blagnac, aux pieds des pistes d’atterrissages d’Airbus, je suis amené à croiser directement la trajectoire d’avions aussi discret qu’un A320. Je les vois en général avant de les entendre. D’une façon ou d’une autre, ils pénètrent dans mon champ de vision, et je devine à l’avance si l’un d’entre eux va me survoler ou pas. Quand ça arrive, je suis généralement en plein élan et au milieu des bagnoles, et je n’ai rien d’autre à faire que de serrer les dents. Le gros cargo atterri 100 mètres plus loin, je vous laisse imaginer combien ils sont proches de moi quand ils me passent au-dessus. Un vacarme assourdissant, et à moi le réflexe de me boucher les oreilles. Ce que je ne peux évidemment pas faire, ou bien je perdrais le contrôle des 10 kgs de mon cycle, ce qui n’est jamais une très bonne idée. Le plus frappant, c’est si j’ai la curiosité de jeter un coup d’œil en l’air. Un appareil de 100 tonnes de métal occupe alors un quart de mon champ de vision, brûlant du kérosène à tout va et faisant trembler l’air. Et moi, je suis comme écrasé par ce tsunami de métal et de décibels.

Badine à l’école des sorcières

Parvenir à l’édition, c’est le Graal pour tout écrivain en herbe. J’aurais j’espère l’occasion d’en parler prochainement vu que je suis en train de terminer mon premier roman, et qu’ensuite à moi la joie de la recherche d’un éditeur. Il n’y a aucun mur que la persévérance ne sache abattre.
C’est en tout cas ce que je disais à ma sœur, alors qu’elle désespérait trouver un éditeur qui remarque les grandes qualités de son livre pour enfant : Badine à l’école des sorcières. J’avais auparavant assisté à la naissance du bébé : comment elle avait assemblé les images en découpant diverses formes dans du joli papier, écrit les textes et mis tout ça en page. Un résultat vraiment magnifique, auquel la version en papier glacé ne rend hélas pas justice.
Mais Badine à l’école des sorcières ne se limite pas à de belles images. C’est avant tout une histoire qui s’adresse aux tous petits, et qui le fait bien. Badine a de beaux cheveux, ce qui lui vaut les railleries des autres sorcières de l’école. Pourquoi cela ? Comment réagir ? Le thème de la différence et de l’acceptation est ici abordé tout simplement, pour la joie de tous.
L’auteure étant ma sœur, j’aurais de toute façon fait l’apologie de Badine. Mais c’est inutile : nous parlons ici d’un vrai bon livre pour les enfants.
Badine à l’école des sorcières est disponible, par exemple, ici ou .

Supériorité du genre féminin

Les adeptes du patriarcat se félicitent encore de la domination sociale du genre masculin. Malgré de récents acquis comme le droit de vote, le droit de posséder un compte bancaire sans l’autorisation de leurs maris ou le droit de porter un pantalon, les femmes restent minoritaires dans la plupart des institutions politiques, se font discrètes dans les postes d’encadrement des entreprises, touchent un salaire inférieur à travail égal. Mieux, certains mouvements féministes revendiquent leur droit à devenir des hommes. Bref, ça roule encore pour le patriarcat.
Il n’empêche que les femmes ont tout de même su s’aménager quelques avantages sur leurs homologues en XY. Par exemple, elles ont toujours le quasi monopole des orgasmes multiples. Les garçons se vengent en faisant pipi debout, mais sans être certains d’y gagner au change.
Reste que là où les filles tiennent le haut du pavé, c’est sur les codes vestimentaires dans nos sociétés occidentales. En particulier en été, quand la chaleur devient accablante. Que ce soit durant les mariages ou dans les bureaux, elles restent au frais, légères dans leurs petits hauts/jupes/sandales. Nous autres mâles étouffons encore dans nos grosses chaussures/chemises/ pantalons. Comme ça ne suffit pas, nous y ajoutons de plein grès vestes et cravates, histoire de peser plus lourd encore.
A quand un pendant au féminisme pour les hommes, pour faire reculer cette scandaleuse injustice ?

Bonnes ou mauvaises raisons de ne pas prendre le vélo

Quand je raconte aux gens que je prends toujours mon vélo pour me rendre au travail, j’ai parfois un retour du type « Comme tu as raison ! Je devrais faire pareil, mais … »
Faisons une petite liste de ce qui suit ce « mais … », ces raisons – bonnes ou mauvaises – de ne pas prendre le vélo le matin.

  • « … mais j’habite trop loin. » (note, trop loin peut ici signifier 3 kms comme 30 kms, selon les personnes)
  • « … mais je transpire, et il n’y a pas de vestiaire. »
  • « … mais c’est trop dangereux avec toutes ces voitures. »
  • « … mais je n’aime pas faire du vélo. »
  • « … mais parfois il pleut. »
  • « … mais non. »

  • World War Z

    Voilà un moment que je n’ai pas présenté de produit culturel. Essayons de ne pas perdre la main.
    Si je me suis intéressé au roman fantastique de Max Brooks « World War Z », c’est avant tout pour le thème : une guerre mondiale contre les zombis. Il me faut ici avouer que bien que n’étant pas avide du genre, les histoires de zombis ont toute mon attention, pour des raisons qui dépassent le cadre de ce billet.
    Bref, je me procure ledit bouquin, et j’en fait la lecture. Coup de théâtre : bien plus qu’un simple livre de genre, World War Z est une œuvre qui selon moi mérite très largement de sortir de sa niche et de rencontrer un publique beaucoup plus large que celui des seuls fans de littérature d’horreur. Ce que ce livre, finalement, n’est pas vraiment. Car voilà, loin de présenter une bataille rangée entre de gentils militaires et de méchants zombis, le récit se structure selon un axe tout autre : une série de témoignages récoltés par le narrateur parmi les survivants du drame. Car oui, l’humanité a gagné la guerre, au prix de milliards de vies, mais tout de même. C’est donc l’esprit tranquillisé quant à l’issue du conflit que le lecteur démarre un incroyable tour du monde politique et social. La Chine, la Corée, l’Afrique, Israël, les Amériques, les zombis sont partout, et concernent tout le monde : paysans, pop stars, militaires, médecins, hommes politiques : c’est simple, il y a autant de personnage, et autant de pays, que de chapitres. L’auteur fait ici montre d’un talent prodigieux pour rendre chaque chapitre, chaque page, chaque mot irrésistiblement addictif. Car voilà, en plus d’être narrativement passionnant et accrocheur, l’histoire donne également un aperçu global du paysage géopolitique mondial, et dénonce les trop nombreuses tares de nos sociétés modernes. Mais quoi de plus normal : Romero a le premier utilisé ses films pour en formuler une critique acerbe. Les zombis sont politiques, et oui.
    Bref, World War Z de Max Brooks, a lire impérativement, amateur du genre ou pas.