Grèce - Quelques années auparavant
" Ce n’est peut-être pas notre première rencontre. Déjà, il y a plusieurs siècles de cela ...L’enfant Solo était abasourdi. Il était certes évident que sa requête aurait pu trouver sa seule justification en l’alliance entre les deux grandes puissances financières, mais telle n’était pas l’idée du jeune garçon.
Il n’était pas plus amoureux de Saori. Il ne s’expliquait pas très bien lui-même pourquoi, mais une sorte de nostalgie le poussait à croire que leurs destins étaient liés. Mais il ne put guère ruminer ses sentiments très longtemps, car bien vite il aperçut une étrange luminosité, à quelque distance de la propriété familiale.
Il se sentait inconsciemment attiré par ce jet de lumière
...
Saori s’assit sur le luxueux lit que Julian avait mis à sa disposition,
et congédia le domestique. Celui-ci s’inclina, l’air de souhaiter
une bonne nuit à la jeune japonaise.
Il n’était pas si tard, mais la jeune fille avait prétexté
avoir sommeil pour pouvoir se retrouver seule. Pour s’éloigner de
cette cérémonie qui lui était désormais désagréable.
‘Et maintenant ?’, songea-t-elle.
Un instant après, elle s’était allongée, fixant
le plafond inconnu avec un regard vide.
Perdue dans ses pensées.
Saori n’était peut-être encore qu’une enfant, après
tout. L’héritage de son grand-père lui avait imposé
très tôt de lourdes responsabilités, et elle n’avait
encore jamais songé à prendre un époux. Ce n’était
pas comme si elle avait sciemment décidé d’attendre, mais
c’était bel et bien l’idée de la chose qui ne l’avait pas
effleurée.
‘Pauvre Julian’, se tourmentait-elle. ‘Peut-être devrais-je aller
m’excuser auprès de lui.’
Les événements lui rappelaient une histoire, qu’elle
avait entendue il y a bien longtemps de cela.
C’était l’histoire d’un homme amoureux de la mer. L’homme aimait
tant les vastes océans qu’il entreprit de passer sa vie à
côtoyer ce milieu. Mais il ne pouvait se résoudre à
devenir pécheur, car l’idée de chasser la faune aquatique
l’horrifiait.
Alors il choisit une autre voie bien différente ...
Saori réalisa que cette histoire n’avait aucun rapport avec
ses pensées actuelle. Elle ne parvenait plus à se rappeler
comment est-ce qu’elle en était venue à se souvenir de cette
légende.
‘C’est comme quand le sommeil nous rattrape’, se dit-elle. ‘On pense
à des choses sans liens. La pensée devient incohérente.
Peut-être suis-je en train de m’endormir ?’
Saori ne voulait pas se battre contre la torpeur, et décida
qu’il était temps pour elle de rejoindre Morphée.
La jeune fille quitta le lit confortable afin de retirer sa robe de
soirée, sobre mais jolie, et enfiler une chemise de nuit plus légère.
Un détail attira son attention. Elle n’avait en aucun cas envie
de dormir. Elle se sentait vive, lucide dans ses pensées.
Et encore une fois, cet homme amoureux de l’eau lui vint à l’esprit.
Il lui semblait même pouvoir sentir sa présence …
Comme c’était étrange ! Pourquoi pensait-elle à
cela ?
‘Cela a peut-être quelque chose à voir avec la personne
qui m’a raconté cette vieille histoire.’
Saori essaya de se souvenir de celui ou celle qui avait pu lui conter
une si jolie légende, mais la mémoire lui fit défaut.
La vérité était que la jeune japonaise était
incapable de se souvenir d’un moment dans sa vie où elle n’avait
pas connu cette histoire. Elle n’était pourtant pas à l’âge
où on oublie avoir été enfant ...
L’héritière Kido tenta de chasser ces chimères
de sa tête, mais un détail lui revenait sans cesse à
l’esprit.
‘Depuis combien de temps ai-je ce souvenir ?’
Et alors, Saori éprouva un sentiment de déjà-vu.
Une sensation qu’elle ne connaissait pas, tant elle était grande.
Saori se sentit être de la taille d’une fourmis. Elle se vit
être au bout d’un fil immense, un fil qui représenterait sa
vie. Mais quelle place insignifiante y occupait-elle !
Il y eu un moment où la jeune fille se sentit être une
autre personne …
... et enfin Saori Kido se souvint d’un autre temps. Elle se souvint
d’une autre époque, dans lequel elle vivait déjà,
et d’où elle venait, désormais.
A l’instant précis où la jeune Saori Kido s’éveillait
à une partie divine d’elle-même, une autre personnalité
immortelle reprenait possession de lointains souvenirs, enfouis dans un
recoin de son âme.
Julian Solo, héritier de l’empire Solo, et prétendant
pour toujours d’un amour impossible, venait de saisir de sa main droite
un objet lui appartenant depuis la nuit des temps, l’inaltérable
trident divin de Poséidon.
Ce jour là
Un homme seul.
Seul, au milieu de rien. Autour de lui, quelques architectures d’une
autre époque. Ses pieds foulent un sol marqué des cicatrices
de lointains passés.
Le ciel est d’eau.
C’est un lieu à l’Histoire mythique. Un lieu que seuls une poignée
d’élus ont l’honneur de contempler. Un lieu où de sanglantes
guerres se sont déroulées, il y a si longtemps.
Immobile, l’homme semble regarder vers l’avant, même si il ne
voit rien. Il est perdu dans sa pensée.
‘Mon nom est Kanon.’
L’homme évoque ses souvenirs.
‘Mon nom est Kanon, et grand est mon dessein.’
Son regard pointe vers le ciel, mais il voit l’océan. L’océan
infini.
L’homme ferme les yeux et écoute. Il entend le tumulte des mouvements
marins. Il entend un grondement, aussi. Ce bruit sourd se fait entendre,
plusieurs fois dans la journée. L’homme pense que ça a quelque
chose à voir avec la marée.
L’homme cesse d’écouter et inspire profondément. Il peux
sentir la fraîcheur aquatique, ce goût salé un peu désagréable.
L’homme oublie les quelques sens qui lui reste et ne fait plus attention
qu’à ce qu’il ressent.
Et ce qu’il ressent, il ne l’aime pas.
‘Cela fait plus de quinze ans, pourtant’.
Quinze ans ...
Cela paraît lointain, mais l’homme n’a pas oublié. Il
n’a pas oublié qu’un jour quelqu’un avait renié son existence,
et l’avait emprisonné.
‘Saga ...’
Son propre frère.
‘Saga’ ...
Vivre avec ce souvenir est comme une plaie qui ne guérit pas.
Mais même une plaie incurable ne peut pas être une fatalité.
" Saga ... "
Et l’homme comprend que sa voie, celle des armes, vient de l’appeler
à elle.
" SAGA ! !!
Il y a quinze ans, tu m’as humilié, tu n’as pas voulu comprendre
l’importance de mon ambition. Mais aujourd’hui, il est l’heure d’agir,
et je n’ai plus besoin de toi ! "
L’homme hurle à l’attention d’une personne qui n’est pas là.
Puis il se calme.
" Saga, plus encore qu’à ceux qui deviendront mes ennemis, c’est
à toi que je veux prouver ma supériorité. "
Et, d’un pas lent d’une grande assurance, il part accomplir son destin.
" Dragon des mers ?
C’est toi, dragon des mers ?
- Majesté. "
Agenouillé. C’est toujours ainsi que Kanon, le général
dragon des mers, défenseur du pilier de l’Atlantique Nord, se présente
devant son empereur, son dieu. En face de l’homme simple exprimant son
respect, se trouve un être humain. Il est d’apparence faible, mais
il incarne la prestance. En face de Kanon, se tient celui que nul ne peux
défier. Le roi des mers et des océans, l’Ebranleur du Sol,
l’empereur Poséidon.
" Et donc, dragon des mers, j’ai l’impression que tu as quelque chose
à me demander. "
Sa voix est d’une extrême douceur.
" Majesté, en tant que général des marinas, je
sollicite l’autorisation d’organiser un assaut sur les forces terrestres.
- Les forces terrestres, dis-tu ?
- Oui, Majesté. Le moment d’attaquer le Sanctuaire d’Athéna
me semble opportun.
- Vraiment ?
J’ai pourtant l’impression que tu as pris cette décision sur
le coup d’une émotion. "
Kanon contient son agacement. Difficile de cacher quelque chose à
un Dieu. Mais l’heure n’est pas à la couardise. Qu’importe l’arrière-pensée
et le doute que possède celui qui donne l’ordre, quand l’ordre est
là.
Kanon inspire et expose ces faits, ceux qui devraient amener l’empereur
des mers à donner son aval pour cette expédition.
" Les informations concernant la défense du Sanctuaire sont
formelles. Quatre des 12 gardiens de la chambre d’Athéna sont absents
depuis des années. Les autres seraient affaiblis.
- "Seraient" affaiblis ?
- Je ... c’est une supposition de ma part. Le bruit court qu’il y aurait
des tensions internes entre les chevaliers. Cela a peut-être un rapport
avec les maisons vides. Les gardiens d’Athéna doivent douter, ce
qui devrait blesser leur volonté. Je pense que ...
- Arrête de penser. "
Le dieu ne sourit pas. Il regarde son général. Kanon
déglutit.
" Seuls les faits sont importants. Tu dois arrêter de les interpréter,
car c’est en réfléchissant que tu commettras des erreurs.
Et tu en fais déjà.
Les chevaliers d’Athéna ont toujours défendu la Terre
contre mon ambition. Quand cette maudite déesse est derrière
ses guerriers, ceux-ci sont prodigieusement dangereux. Leur volonté
les rend invincibles.
- Je ... "
Kanon reprend son souffle. A cet instant, il a peur des forces qu’il
manipule.
" Seigneur Poséidon. Cet affrontement est inévitable.
En agissant maintenant, nos chances de victoire sont réelles. Le
chevalier de la balance à quitté le Sanctuaire il y a quinze
ans. Et avec lui, le chevalier du bélier. Il faut également
considérer la disparition du chevalier du sagittaire, à la
même époque. Il aurait paraît-il tenté de tuer
Athéna alors qu’elle n’était encore qu’un bébé.
Quand au chevalier des gémeaux, c’est ...
- Ton frère !
- Oui ... "
Kanon est à bout de souffle. Il craint la colère de son
dieu.
Kanon a plusieurs fois déjà utilisé l’autorité
divine pour mener a bien une action quelconque, et le dieu s’est toujours
laissé influencé.
Mais cette fois, l’ambiance n’est pas aussi sereine.
" Le chevalier des gémeaux est bien mon frère. Il aurait
lui aussi disparu, à la même époque.
- Dragon des mers, je vais accéder à ta requête.
"
Kanon relève brutalement la tête.
" Vraiment ?
- Oui. Explique-moi ta stratégie. "
Le gardien du pilier de l’Atlantique nord camoufle habilement sa satisfaction.
Finalement, il est encore une fois parvenu à ses fin.
" Je suggère une attaque frontale. Avec l’aide de quelques autres
généraux, je disposerais d’une force de frappe suffisante
pour traverser les maisons du Sanctuaire. J’atteindrais la chambre d’Athéna
et vous ramènerais sa tête.
- Es-tu sûr que cela sera si facile ?
- Je pense que ... "
Le général se tait brusquement. Il a un doute. Cela fait
pourtant plusieurs années que Kanon réussit à manipuler
le dieu réincarné à son avantage, mais il a surtout
appris à anticiper ses réactions.
La décision de son action sur le Sanctuaire a été
évidemment influencée par son désir de prouver à
son frère la pertinence de ses opinions. Il n’y a pas que ça,
bien sûr, mais Poséidon s’est au moins rendu compte de ce
détail. Et si malgré cela il lui donne sa confiance, c’est
qu’il garde quelque part le contrôle de la situation. Mais Kanon
ne peux, et ne veux en aucun cas reculer.
" Oui, Majesté. Je serais moi-même capable de vaincre
la plupart des serviteurs d’Athéna. Les généraux qui
m’accompagneront s’occuperont de nos adversaires les moins coriaces, et
me soutiendront si un combat tourne mal.
- Alors tu peux y aller.
- Je me ferais accompagner par ...
- ... par Cheval des Mers.
- Je ... "
Kanon sait qu’il ne doit pas contredire la divinité, quand celle-ci
lui coupe la parole.
" Tu iras également avec Scylla. Le troisième et dernier
général a t’accompagner sera Chrysaor. Les autres généraux
resteront ici pour protéger le Sanctuaire sous-marin. "
Le général intériorise un sentiment de frustration.
Il n’a jamais imaginé que ceux qui l’accompagnerait lui seraient
imposés. Voilà une partie de sa stratégie qui échoue
avant même qu’il n’ait quitté l’empire du seigneur des mers.
‘Qu’importe’, se dit-il. ‘Cette piétaille occupera le menu fretin
pendant que j’irais chercher celle pour qui ce faux-frère de Saga
m’a chassé.’
" Très bien. Majesté Poséidon, je vais convoquer
ces trois guerriers, et nous partirons dés que tous seront prêts.
L’affaire devrait être réglée d’ici une journée.
"
Le général s’assure que son maître n’a rien à
ajouter, et quitte le temple magnifique.
Ses dernières pensées sont pour un autre.
‘Saga, l’heure sera décisive. Mais quoi qu’il advienne, j’espère
que tu seras présent.’
Quelques heures plus tard
" Bian de l’Hippocampe, sous votre commandement.
- Io de Scylla, sous votre commandement.
- Krishna de Chrysaor, sous votre commandement.
- Je suis Kanon du Dragon des mers, et au nom de notre seigneur Poséidon,
nous allons partir en guerre contre le Sanctuaire d’Athéna. "
Le lieu qui accueille les quatre guerriers ressemble à une ruine,
mais il s’agit bel et bien du fabuleux Sanctuaire sous-marin de Poséidon.
Quatre des sept généraux de Poséidon sont rassemblés
en cette architecture d’un autre temps, et se préparent à
prendre les armes.
Symbolisant l’Hippocampe, Bian, protecteur du pilier du Pacifique Nord,
est le moins agile par l’esprit des êtres présents en ce lieu.
Mais c’est aussi le plus motivé de tous.
Le général de Scylla, répondant au nom de Io,
et fier défenseur du pilier du Pacifique Sud, attend la suite des
événement.
Krishna de Chrysaor, gardien du pilier de l’Océan Indien, est
le seul à avoir un teint sombre et une chevelure longue. Il tient
cette fabuleuse lance de combat dans sa main droite.
Tous sont revêtus de leurs protections magnifiques, les impressionnantes
écailles.
Kanon reprend la parole.
" La mission est simple, mais capitale. Nous allons nous rendre au
Sanctuaire d’Athéna en Grèce et attaquer par surprise. Plusieurs
des chevaliers sacrés de cette déesse vont tenter de nous
barrer la route, mais seuls les chevaliers d’or sont à craindre.
L’objectif est la tête d’Athéna !
- A t’entendre, on dirait qu’il n’y a pas de stratégie. C’est
quoi l’idée ? On fonce dans le tas ? "
C’est Bian qui s’interroge. Kanon lui jette un regard en biais et fronce
les sourcils.
‘Après tout’, se dit-il, ‘on peux également le voir comme
ça.’
Et c’est pourquoi sa réponse est franche.
" Tu as parfaitement compris, Bian.
- Te voilà bien hargneux, Dragon des Mers. "
C’est Krishna qui avance ces paroles.
" Quoi !
- Et oui. Une attaque frontale, tu proposes ? Très bien. Nous
sommes quatre, et d’après toi il y a là-bas huit chevaliers
d’or. Cela nous fait deux adversaires chacun, et encore le problème
du grand Pope n’est pas abordé.
- Je reconnais là l’extrême prudence de ceux qui n’ont
pas confiance en leur force !
- Je suis d’accord avec toi, Dragon des Mers. "
Bian affirme sa position. L’hippocampe jette un coup d’œil à
Kanon, puis se tourne vers le général de Chrysaor.
" J’ai toujours considéré les chevaliers d’or d’Athéna
comme inférieurs à nous autres généraux. J’ai
parfaitement confiance en notre victoire. "
C’est un regard qui n’est pas des plus amical entre les deux hommes.
L’un des deux est convaincu de sa supériorité sur toute puissance
terrestre. L’autre est agacé par cette assurance non mérité.
Krishna se tourne vers le plus discret d’entre eux.
" Et toi Io, on ne t’entends pas.
- Mmh, je suis de l’avis de Bian. "
Krishna abandonne. Il n’est pas d’accord avec de ses frères
d’armes, mais l’ordre vient de Poséidon lui-même, et ne peux
de toute façon pas être discuté.
" Je vous rappelle que nous attaquons par surprise. ", lance Kanon.
" Cet assaut mettra fin en quelques heures à la seule menace terrestre
que nous puissions jamais devoir affronter.
Au nom de notre seigneur Poséidon, je déclare la guerre
à Athéna !
- Quand partons-nous ? "
C’est Krishna, encore.
Kanon se dit qu’il doit se poser plus d’une question.
‘M’énerve, celui-là.’, se dit-il. ‘Ce n’est finalement
peut-être pas une si mauvaise idée de l’amener, qui sait ce
qui pourrait lui arriver ...’
" Nous partons immédiatement ! "
Un instant après, la moitié des forces de Poséidon Ebranleur du sol entrait dans l’enceinte du Sanctuaire.
Ainsi c’est là le Sanctuaire sacré d’Athéna. En
fait, les constructions ne sont guère différentes de celles
auxquelles les généraux sont habitués, mais quelle
différence profonde il y a dans l’ambiance, ici !
Le Soleil éclaire chaque irrégularité de l’architecture
et de l’environnement naturel, et projette à chaque fois une ombre
capricieuse. Il est vrai que la luminosité sous l’océan est
très diffuse. L’air est chaud, à la surface. Il est chaud
et doux.
Mais surtout, il y a le cosmos d’Athéna. Quelle différence
avec celui de Poséidon ! Alors que le dieu marin exprime une profonde
nostalgie, celle de l’époque où l’homme n’était pas
devenu cet être impur, celui d’Athéna n’est qu’amour et compassion.
Amour et compassion pour toutes les créatures vivantes de cette
planète si accueillante.
C’est Io qui exprime un doute.
" Je me demande quand même. Amour, compassion, pardon, tout ça.
Est-ce cela que seigneur Poséidon veut détruire ?
- IMBECILE ! "
Les trois généraux ont bondi en même temps, et
regardent à présent celui qui vient de parler. Et c’est Krishna
qui rassure le pauvre égaré.
" Cet amour que tu ressens est une chose agréable, mais il ne
vient pas de l’humanité. C’est celui d’une déesse qui pardonne
à tous les erreurs qu’ils commettent. Le pardon n’a jamais résolu
le moindre problème. Notre seigneur Poséidon ne veut pas
détruire cet amour, mais bel et bien le créer. Cela est impossible
pour l’instant, et c’est pour cela qu’il est nécessaire de purifier
cette planète des déchets qui l’habitent. "
Io fronce les sourcilles, puis sourit, et finalement éclate
de rire.
" Bien sûr, que vous avez raison !
Je plaisantais ! Vous auriez vu vos têtes ! "
Mais Io ravale ses moquerie à l’instant où il croise
les regards des têtes en question. Ce sont les regards de ceux qui
n’ont pas envie de plaisanter.
Io cherche à se rattraper..
" Humm, on ferait mieux d’y aller.
- Exactement ! ", lance Kanon. " Il est très délicat
de se déplacer discrètement à l’intérieur du
Sanctuaire d’Athéna, surtout pour les forces armées que nous
sommes. Nous serons de toute façon repérés, et les
chevaliers d’or, seuls capables de nous causer des problèmes, attendent
bêtement dans leurs maisons respectives. Seule la piétaille
peut nous barrer la route jusque là.
- Conclusion ? "
Et c’est Bian qui répond à Krishna.
" Conclusion on ne perd pas de temps. "
" Halte ! Qui êtes-vous ? "
Un groupe de gardes malheureux qui croisent malchanceusement la route
des quatre guerriers de Poséidon. Un groupe d’une demi-douzaine
de pauvres individus.
Kanon soupire, mais c’est Bian qui les balaye d’un geste.
Il ne reste plus qu’un tas de chaire sanglante défigurée,
ultime bloc de matière témoignant de l’existence de ce qui
un instant avant était des êtres humains.
" Excuse-moi, Kanon, je t’ai entendu souffler, tu as un problème
?
- Non, Bian. Il m’avait juste semblé entendre une voix qui disait
"Halte ! Qui êtes vous ?"
- Un peu comme il y a cinq minutes, c’est ça ?
- C’est ça.
- Et un peu aussi comme juste après qu’on ne franchisse le seuil
de ce territoire ?
- A peu prés. " Kanon parle sur un ton très las.
" Pourtant, Kanon, regarde autour de toi, vois-tu dans le coin quelque
chose qui pourrait être l’origine de cette voix ? "
En guise de réponse, et alors que les quatre individus reprennent
leur chemin, le général Dragon des Mer désigne l’amas
de chair sanglante et d’os brisés qui prend la voix de la pourriture.
" Ceci ?", s’exclame Bian de l’hippocampe, " Ceci ne te dira plus jamais
"Halte ! Qui êtes vous ?" "
" Halte ! Qui va là ? "
C’est la saison des récoltes, chez les gardes du Sanctuaire,
mais Bian se met en colère.
" Ce qui m’énerve, chez vous autres les gardes, c’est que vous
dites tout le temps la même chose. "
Le général esquisse un geste.
Alors qu’ils croisent un nouveau charnier, l’hippocampe glisse un mot
à l’oreille de celui qui mène l’attaque.
" Au moins, il n’a pas dit "Qui êtes vous ?" "
Kanon jette un regard pas vraiment convaincu sur son camarade.
" Qui êtes vous ? "
Avant même de regarder quel nouveau candidat au suicide vient
de parler, Kanon prend le temps de répondre à l’hippocampe.
" Au moins, celui-là n’a pas dit "Halte !" "
Kanon, qui tourne enfin la tête, s’arrête presque surpris.
" Inutile de vous présenter. Votre protection parle pour vous.
Vous devez être les quatre généraux envoyés
par Poséidon pour venir assassiner Athéna. "
Si Kanon est stupéfait, en cette journée ensoleillé
du Sanctuaire de l’ennemie de son seigneur, ce n’est pas parce que les
individus en face d’eux ne sont pour une fois qu’au nombre de deux. Ce
n’est pas non plus à cause de l’armure qu’ils portent et qui prouvent
que les deux font partie de l’ordre de la chevalerie sacrée d’Athéna.
Si Kanon est stupéfait, c’est simplement parce que ces deux
hommes semblent parfaitement au courant de ses plans. De ses plans officiels,
tout au moins.
Le général intimide les deux chevaliers d’un regard.
" Puis-je savoir, mes doux amis, qu’est-ce qui vous fait croire que
nous sommes venus dans ce but précis.
- Bah, des rumeurs courent comme quoi le Sanctuaire allait faire l’objet
de l’assaut des troupes de Poséidon. Dés qu’on a appris ça,
les chevaliers d’or ont vite réintégrés leurs maisons.
- Tais-toi, imbécile ! "
C’est l’autre chevalier qui viens de faire taire son camarade.
" Qu’importe tous ces détails. Je suis Moses, chevalier d’argent
de la baleine, et au nom de notre déesse Athéna, je ne vous
laisserais jamais approcher des douze maisons.
Subis mon attaque !
KAITOS SPOUTING BOMBER !!
- God breath. "
Un général de Poséidon contre deux chevaliers
d’argent d’Athéna.
Une seconde après, les deux chevaliers gisent mort sur le sol
froid.
" Je suis surpris, Bian, tu dévoiles déjà ta technique
de combat ? Que feras-tu maintenant si les chevaliers d’or t’ont observé
depuis leurs maisons respectives ?
- Ne t’inquiète pas pour moi. Je me demande par contre pourquoi
les autres gardes ne nous avaient pas reconnus.
- Peut-être la nouvelle ne leur était-elle tout simplement
pas parvenue... "
C’est Io qui viens de parler. Et c’est Krishna qui termine sa phrase.
" Ou peut-être que, violents comme vous êtes, vous ne leur
en avez pas laissé les temps ... "
Les douze maisons du sanctuaire.
C’est impressionnant, en fin de compte. Un escalier massif entouré
de roche mène à un bâtiment imposant, témoins
des guerres que mènent les dieux depuis des temps immémoriaux.
" Il n’y a aucun moyen de contourner tout ça, je suppose.
- Non, en effet. "
Malgré la réponse négative, Le général
de Scylla observe les environs sous tous les angles, espérant sans
doute trouver un défaut dans la roche qui leur aurait permis d’éviter
cette première maison.
" C’est quand même quelque chose. La légende raconte que
les chevaliers d’or d’Athéna ont pour mission de terrasser toute
personne tentant de franchir leurs maisons. Pourtant, le messager qui apporte
une simple missive ne doit sûrement pas avoir besoin de vaincre ces
douze guerriers pour atteindre le grand pope … "
Kanon se sent soudain très las.
" Au delà des douze maisons, il y a la chambre du grand pope,
et derrière la chambre du grand pope, celle d’Athéna. La
mission des chevaliers d’or est de protéger ces lieux de toutes
menaces. Un messager ou un garde n’est pas une menace. Cela ne veut pas
forcement dire que le moindre serviteur doivent franchir les maisons, mais
s’il existe une entrée de service, un passage secret ou n’importe
quoi qui permette d’atteindre directement le grand pope et Athéna,
je fais confiance à celui qui aurait créé un tel chemin
pour avoir fait en sorte que personne ne puisse en trouver l’entrée.
Assez discuté, on y va ! "
Quatre généraux franchissent les quelques marches conduisant
à l’architecture, le temps pour Kanon de penser.
‘Le chevalier d’or du bélier a disparut il y a quinze ans. Cette
maison est sûrement vide.’
Quatre guerriers pénètrent dans le bâtiment.
Des colonnes de pierres, quelques murs et un toit, voilà à
quoi ressemble la mythique maison du bélier. La matière est
couverte de lézardes, autant de signes que l’endroit est resté
inoccupé depuis déjà plusieurs années.
La sortie du lieu est très nettement visible. Quelques mètres
plus loin, une ouverture dans le mur semblable à celle de l’entrée
invite les passagers à avancer un peu plus.
Et aucun signe d’une quelconque présence en ce lieu ...
" Que se passe-t-il, Kanon. Cette maison n’a pas de gardien ? "
C’est Krishna qui vient de parler. Et c’est Kanon qui répond.
" Cela t’impressionne ? Je t’avais pourtant expliqué. Quatre
des douze maisons sont vides. Certains chevaliers ont tout simplement quitté
le Sanctuaire il y a quinze ans. Tu dois comprendre maintenant pourquoi
est-ce que je parlais d’opportunité à saisir, quand je suggérais
d’attaquer les chevaliers du Sanctuaire à un contre deux. Nous aurions
dû déjà avoir à affronter un chevalier d’or
dans cette maison, qui sait ce qui aurait pu se passer alors ! "
‘Cela n’explique pas pourquoi nous devons attaquer maintenant, et pas
il y a cinq ans, ou dans cinq ans ...’. Krishna pense cela, mais ne dit
mot.
" Allons-y ! ", ordonne Kanon. " Un chevalier nous attend dans la maison
du Taureau. Allons sans tarder. "
Les généraux venaient de franchir la première
maison, celle du bélier.
" La maison du taureau est gardée par le chevalier d’or du taureau.
- Ce qui est parfaitement logique. "
Un dialogue sans grand contenu entre Kanon, général Dragon
des mers, et Bian de l’hippocampe.
C’est un groupe de quatre grands guerriers qui quittent l’architecture
massive de la maison du bélier. Ils gravissent les marches, bondissant
tels des fauves, pressés d’atteindre le premier de ces hommes à
l’endurance fabuleuse : les chevaliers d’or d’Athéna.
" Kanon, je sais que tu as des informations sur le Sanctuaire. Que
sais-tu du chevalier du taureau ?
- C’est un homme. "
Krishna, qui vient de poser la question, regarde son camarade d’un
air soupçonneux.
" Cesse de me regarder comme cela, Chrysaor. Qu’aurais-je à
gagner à garder pour moi mes informations ?
Les chevaliers d’or sont très avares en paroles quand il s’agit
de leurs techniques de combat. Tu t’attendais peut-être à
ce qu’ils chantent en public tous les soirs le récit de leurs points
faibles ?
- Mmh ... "
Le temps n’est plus à la discussion. L’entrée de l’impressionnante
maison n’est plus qu’à un pas. Les hommes cessent de courir.
" La cosmoénergie ... La deuxième force des chevaliers
d’Athéna. "
C’est Kanon qui prononce les mots, regardant en face de lui. Il a de
telles paroles car un cosmos grandiose vient de s’éveiller.
Et une voix sort de l’ombre.
" La deuxième ?
- Oui ", répond le général. " Mais je ne t’apprends
rien.
- Je ne vois pas où tu veux en venir, mais je te pardonne. "
Tel le géant sortant de sa grotte, effrayant les braves gens,
un homme se montre dans la luminosité claire du soleil chaleureux.
" Je m’appelle Aldébaran. ", sont ses mots.
Le corps massif du colosse est caché par l’armure d’or du taureau
à l’imposante apparence. La protection brille de milles feux, tandis
que le casque est orné des deux cornes du puissant animal.
Un instant, la foi des généraux envers la victoire est
ébranlée.
" Je suis Aldébaran, chevalier d’or du taureau, et défenseur
d’Athéna, et je ne laisserais aucune vermine franchir le seuil de
cette maison. "
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