Faire preuve de qualités humaines

    Dans son livre "L'art du bonheur", Howard Cutler, psychiatre américain, parle de sa rencontre avec le dalaï-lama, personnalité incontournable dans le domaine de la spiritualité. Ce dernier explique que le bonheur est une notion abstraite et subjective. Un homme se satisfait ou non de sa condition, indépendamment de quelle est précisément la dite condition. Il explique cela sur quelques 300 pages, et donne des conseils pour épanouir sa perception du monde, d'autrui, comment affronter les épreuves, transformer la souffrance, ce genre de choses.
    Un livre dont je recommande la lecture.

    Ce qui m'amène à un point crucial et capable de faire avancer le schmilblik (désolé pour l'orthographe), qui est la façon de se comporter envers autrui. Bien agir avec les autres possède des avantages multiples, parmi lesquels ne pas ressentir ces sentiments auto-destructeurs que sont la colère ou la haine, ou approfondir ses relations.
    Selon ma théorie, les qualités humaines requises sont :

  • La compréhension
  • La compassion
  • Le pardon

        Explication.

        La compréhension, c'est la capacité a s'abstraire de ses opinions et de ses sentiments pour comprendre le raisonnement et le comportement d'autrui. Comprendre les actes et paroles de quelqu'un est fondamentalement indispensable si on veut pouvoir le juger, en particulier si on désapprouve sa conduite. Car comprendre ne signifie aucunement être d'accord !

        Comprendre les autres est en réalité insuffisant, et c'est là que joue le rôle de la compassion. Avoir de la compassion envers autrui signifie s'approprier ses émotions, qu'elles soient tristesse, colère, ou joie. Être capable de vibrer à l'unisson des autres est une grande qualité.

        Quant au pardon, il est essentiel, car après avoir comprit et ressentit, on arrive souvent à la conclusion que autrui agit de façon égoïste ou mauvaise. Pardonner est essentiel, sans cela on entre dans un cercle vicieux de colère et de haine qui ne mène qu'à l'auto-destruction.


        Mes explications sont un peu rapides, mais vous vous en doutez, c'est le genre de thèse qu'il faudrait un livre pour développer. Aussi vais-je me contenter d'un petit exemple.
        J'étais à Barcelone, dans une boutique de savon et produits pour bain (je suis friand de ces petits magasins !), et alors que je passe la caisse, la caissière m'accuse d'avoir fait "disparaître" un article dans ma poche. Je vide mes poches un peu surpris, et à ce moment elle me dit que ça ne fait rien, que si je lui dit qu'elle se trompe elle ne me demandera rien de plus. Je me met profondément en colère, et je lui demande qu'est-ce que je peux faire pour la convaincre de ma sincérité, dans la mesure où elle me regardait comme le voleur qu'elle supposait que j'étais. Il n'y a rien eu à faire, et je suis parti avant de faire un scandale.
        Et une fois dans les petites rues pavées de la ville espagnole, j'ai réalisé qu'il y avait sacrement de monde dans la boutique et qu'il devait être très difficile de surveiller les clients pour éviter les éventuels vols à l'étalage, que cela devait être éprouvant nerveusement d'accuser un client, et que cela se produit sans doute de temps en temps. J'ai commencé à faire des hypothèses : cela s'était produit plus tôt dans la journée, elle s'était fait passer un savon (sans jeu de mot) par son boss à ce sujet, elle avait eu une mauvaise journée ... J'ai vite réalisé que je ne pouvais absolument pas lui en vouloir de m'avoir soupçonné - sans doute avais-je fais un geste qui lui avait paru louche - et que tout au plus je pouvais lui reprocher le ton un peu sec de sa remarque. Ce ton un peu sec lui-même trouve son explication dans les multiples hypothèses que j'avais formulé, et voilà que d'un seul coup j'avais fais preuve de compréhension.
        Et puis je me suis mis à sa place. Toute la sainte journée entre quatre murs (les boutiques barcelonaises sont rarement fermées), à vendre des produits parfumés, sans doute pour un salaire modeste, avec en permanence à devoir surveiller le moindre badaud, et parfois avoir un doute sur l'un d'eux, devoir leur poser la question alors qu'ils sont peut-être innocents. J'ai deviné que cela ne devait pas être bien drôle, et ai ressenti le stress qu'elle devait connaître au quotidien. C'était la compassion.
        Quant au pardon, il n'a pas été bien difficile à faire. Après avoir compris et ressenti, il m'est apparu clairement que le ton sec sur lequel j'avais été accusé n'avait jamais été autre chose qu'un moment de faiblesse, et que je me comportais de façon bien pire au quotidien. Comment ne pas pardonner, dans ces conditions ?


        Je pense que si les qualités humaines dont je viens de vous parler étaient plus communes qu'elles ne le sont, la planète tournerait sans doute un peu plus rond. Je vous encourage à réfléchir à cela la prochaine fois que vous ressentirez des émotions négatives.


    Ecrit par Maskounet