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Notre village dans les nuages



Hellsing
C'est une belle nuit.


    Ambiance macabre. Dans une forêt sombre, aux arbres se faisant passer pour autant de démons, une jeune fille court pour sa vie. Survivante du massacre de son équipe de police, voir ses anciens camarades se relever par delà la mort et s'en prendre à elle la terrorise.
    C'est alors qu'il arrive. Imperméable pourpre, lunette oranges, gants blancs ornés de signes cabalistiques ... Et alors que médusé, je réalise que le ciel nocturne est rouge, d'un rouge troublant que seule la lune étrange vient égayer, il brise le silence.
    - C'est une belle nuit.
    Le décor est planté.






    Ça ressemble à notre monde. En gros la même société, en gros la même technologie, en gros les mêmes personnes. Une différence, toutefois : la présence répugnante d'innombrables morts-vivants. Il y a les vampires, puissants et adroits, qui vivent dans l'ombre et ne se laissent pas faire. Ils détruisent notre monde pour asseoir leurs pouvoirs, et heureusement ils restent très individualistes. Quand un vampire tue un humain, ce dernier revient d'entre les morts en tant que goule. Les goules n'ont aucune volonté, peu de force, mais leur statut de non-mort les rend très difficile à exterminer. De savoir si un vampire a intérêt à s'entourer de goules ne dépend que de lui.
    Bref, tout ça c'est pas joli-joli, et comme dirait Schwarzy : "Il y a quelque chose de pas clair dans le royaume du Danemark, et Hamlet va faire le ménage."
    En fait, c'est l'institut Hellsing qui se charge de l'extermination des vampires et autres types de non-morts. Une organisation officielle dotée d'une certaine autonomie et d'une grande influence. A sa tête, une personne : Integra Wingates Hellsing. Une femme mûre, d'une grande autorité, dotée d'une solide intuition et d'une intelligence rare, et l'histoire prouvera que ces qualités se révèleront précieuses. Jusqu'ici rien de bien choquant vous l'avouerez. C'est là qu'intervient Alucard.
    Alucard, voilà un personnage duquel on pourrait écrire bien des romans. Quand il apparaît, les groupies surexcitées se lèvent et hurlent, et le coq s'arrête de chanter. Outre le fait d'être un vampire à la puissance tout bonnement incroyable, il a une classe du tonnerre, et remporterait haut la main bien des concours de charismes. Il parle avec une voix grave qui fait peur, prononce des phrases à faire pleurer un philosophe, soigne ses entrées avec panache et explose les pas-beaux qu'il a en face avec son flingue couvert d'inscriptions religieuses, seul habilité à les expédier ad patres. Sa personnalité et l'aura de mystère qui dégagent de lui en font un personnage ambigu dont on ne comprends pas très bien s'il est un gentil ou un méchant et ça, ça fait fureur. Bref, vous l'aurez compris, si Hellsing est une excellente série, Alucard y est pour beaucoup. Surtout qu'on devine d'entrée de jeu qu'il y a beaucoup à apprendre sur lui, et qu'on se demande tout simplement ce qu'il fait à la botte d'Integra à travailler pour l'institut Hellsing !
Victoria
Le petit air innocent de Victoria
    Car voilà, Alucard obéit aveuglément à sa "maîtresse". Pendant que celle-ci reste derrière son bureau et cour de réunion en réunion pour s'occuper de l'aspect diplomatique, administratif, voire politique de la "cause", lui est sur le terrain en train de dessouder du mort-vivant à tout va. Ça donne envie d'en savoir plus, et croyez-moi y a peu de risque d'être déçu vu les révélations qui seront faite plus tard.
    Comme Alucard est "number one" (allez les groupies !) dans le royaume des non-morts, on pourrait critiquer qu'il n'y a pas vraiment de "challenge" dans l'histoire. C'est sans compter sur la merde que doit remuer Integra pour faire vivre l'institut, car bien qu'étant une institution officielle, son caractère underground lui fait des ennemis, et les luttes de pouvoir, voire les guerres de religion, sont de la partie, et il faut reconnaître qu'il y a des fois c'est pas gagné. Et quand l'Église envoie Alexander, un humain surboosté aux 12 vitamines presque aussi bill qu'Alucard, croyez-moi, ça dépote. Pour des histoires de désaccord sur les méthodes, bien qu'ayant en gros le même objectif, ils n'arrêtent pas de se taper dessus, et y a vraiment du spectacle. Sans compter sur quelques ennemis d'exception qui donnent du fil à retordre à notre vampire préféré.
    Tout cela est plus moins narré à travers les yeux de Celes Victoria, ancienne membre de la police et nouvelle à l'institut Hellsing, qui découvre avec un petit air innocent ce monde macabre où les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être et où il ne fait pas toujours bon d'être un vampire.
    Il y a évidemment d'autres personnages dans cette série de 12 épisodes, mais je vous les laisse découvrir (non mais).


Integra Wingates Hellsing
    Bref, pourquoi Hellsing est une bonne série. D'abord, Alucard (groupies !), ainsi que les autres personnages, qui sont tous plus ou moins des monstres à leurs manières, et qui donne à l'action un punch morbide. L'ambiance de la série est tout simplement fabuleuse. Il faut aimer les trips à la Resident Evil, mais je garde cette nuit rouge du premier épisode comme un grand moment de japanimation. Il y a parfois un peu d'abus au niveau des goules, notamment dans cet épisode que j'appellerais "l'attaque massive des goules", voire "l'attaque kitsch des goules". Mais ce n'est pas bien grave, avouons-le, les autres épisodes sont très bien. La musique est exceptionnelle, utilisant des instruments simples, notamment la guitare sèche, consacrant l'ambiance sombre que je viens de citer.
    Un petit bémol pour la conclusion de la série, qui m'a laissé un sentiment d'inachevé. J'ignore s'il y aura un jour une suite à Hellsing, du genre "Hellsing : Alucard au pays des Bisounours", ou "Hellsing : Alucard et Alexander se font la Normandie" mais j'avoue être un peu sur ma faim vu le faible nombre d'épisode. Il y avait matière à développer plus, c'est certain.


    Hellsing, c'est une sorte d'opéra gothique où religion et satanisme se mêlent dans un espace malsain où des personnages aux motivations ambiguës utilisent influence et puissance sur le terrain pour mener à bien ce qu'on peut appeler leurs "croisades".