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Notre village dans les nuages

Noritaka, le roi de la baston

Hakaiô Noritaka !




Low Kick de dingue ... C’est hallucinant à quel point on peut ne rien trouver sur " Hakaiô Noritaka ", sur le Web.
Il fut une époque où je cherchais des sources sur cette série, et je dois avouer ne rien avoir trouvé DU TOUT.
La raison à cela est simple : le manga n’a jamais été adapté en animé. Où s’il l’a été, il s’est très peu exporté.
Je me demande d’ailleurs combien de pays ont eu droit à cette œuvre délirante…
Toujours est-il que je profite de l’ouverture récente de la galerie des univers de l’Araignée Virtuelle pour combler en parti ce trou.
C’est parti !


"Amour déchu et baston. " Noritaka Sawamura et un adolescent comme il en existe des tas.
Il a 15 ans, est lycéen, possède un physique ridicule et chétif, et n’est doué dans aucun domaine.
Sa vie de collégien fut un calvaire, dans le sens où l’ensemble de ses camarades se sont moqué de lui pendant trois ans en l’affublant de l’abject sobriquet " caca ". C’est donc avec une image neuve et plein d’espoirs qu’il arrive au lycée Izumiya.
La rentrée démarre sur les chapeaux de roues !
Avant même le début du premier cour, il flashe sur sa voisine de classe Miki Nakayama, essentiellement en raison de son physique d’une vigueur peu commune.
Ca se gâte pour lui quand la dite demoiselle remet notre ami à sa place d’un magistral " Je déteste les faibles ", suite à une malheureuse anecdote.
Et voilà notre ami en quête de la force qui saura faire changer d’avis celle qui lui plaît tant.
Il fait la rencontre de Maruyama, un vieux paysan pépère, qui se met à lui apprendre les sports de combat.
Et c’est le début d’une série de combats absolument terrifiant, Noritaka ayant semble-t-il en don pour s’attirer les colères des sportifs les plus monstrueusement forts de toute la planète.
Ses combats sont toujours désespérés, et il est invariablement donné perdant absolu par l’ensemble de son entourage mais, grâce au coach Maruyama, et à ses techniques d’entraînement surprenante, il s’en sort toujours vivant.
Et à chaque fois il espère conquérir le cœur de Nakayama…
 
  "Un départ olympique..." Vous connaissez Karaté Kid ?
Vous vous rappelez sans doute du jeune garçon accomplissant les taches ménagères de son vieux, acquérant par la même occasion les réflexes qui lui permettent ensuite de maîtriser les arts martiaux. Et bien c’est un amateur !
Noritaka pratique un entraînement incomparablement plus incongru et toujours très apparemment inutile : Faire des grimaces, jouer les serveuses dans un bar gay, s’ébrouer dans l’herbe comme un cheval…
Autant de stratégies qui vont se révéler de redoutables armes face à ses adversaires.
Et c’est de là que vient l’essentiel de l’intérêt de la série !
Noritaka est un personnage passionné par sa déception amoureuse, mais il est aussi affreusement couard, et c’est bien souvent contre sa volonté qu’il monte sur le ring.
‘cré nom de Dieu, on s’y attache, à cette lopette !
Les autres personnages de la série sont tout aussi délirants, de la difficile Nakayama au pervers Nakaya (l’as de la section boxe du lycée), en passant par le mystérieux coach. Aucun n’es désagréable à voir, et ça donne une envie de découvrir "la suite" assez grande.
En ce qui concerne l’humour, le niveau du délire a été placé très haut, et on retrouve, à moindre échelle certes, un peu de l’ambiance de séries comme "le Collège Fou Fou Fou".
L’essentiel des pages du manga est consacré aux combats et aux entraînement qui les précèdent. Parlons un peu des combats…
Ils sont tous très désespérés, quand sonne le premier gong.
Noritaka compense la faiblesse de son corps par l’efficacité relative et l’incongruité de ses attaques.
A chaque fois, les personnages témoins se font un plaisir d’expliquer dans les détails d’où vient l’efficacité de la prise, à grand coups d’explications débiles et de références historiques sur les grands maîtres des sports de combats.
Et c’est génial !
C’est formidablement formidable !
Nous parlons ici, donc, d’une sorte d’encyclopédie de la baston, de part le nombre de noms cités, et de la technicité parfois très scientifique des termes employés.
Un grand bravo à "Hakaiô Noritaka", pour tous ces moments d’intenses poilades et pour la culture globale de l’œuvre.
 
 
  "...pour une série qui s'essoufle."
  Des défauts ?
Et comment !
"Hakaiô Noritaka" est un manga définitivement frustrant, essentiellement à cause de sa répétitivité.
En effet, les adversaires s’enchaînent sans qu’il y ait vraiment d’évolution dans l’intrigue, et c’est très dommage.
Qui n’a pas été scandalisé par l’absence totale d’innovation dans la série lors de la rencontre avec Ken ? Puis, dans une plus grande mesure encore, avec Goraev ?
Avec le rythme de "un manga il s’entraîne, un manga il se bat", on arrive rapidement à quelque chose de très décevant.
La lassitude se fait sentir dés le tome 5, et jusqu’au tome 14. Durant cette période, le scénario n’évolue quasiment pas.
Ce qui me chagrine encore plus que ce syndrome du "jour sans fin", c’est l’incohérence qu’il y a dans l’évolution des personnages.
A force de victoires, Noritaka s’attire l’estime des filles les plus monstrueusement bien roulées que j’ai pu voir à ce jour dans un manga (ou presque).
"Ha ha ! " je me dis. "Voilà qui devient intéressant".
Et bien raté ! Les dites filles disparaissent à chaque fois sans qu’un quelconque mot d’explication soit donné à ce sujet. On assistera miraculeusement à retour aussi bref qu’inattendu de Fumie Yamada, manager de la section Shûdo de Noritaka, mais l’impasse sera faite sur les autres personnages que sont, entre autres, Chisato Mitsui ou Kazumi Shû.
Nous seulement ça n’est pas logique, mais c’est surtout affreusement dommage, car c’est sur ces détails que "Hakaiô Noritaka" aurait pu compter pour être autre chose qu’une suite de combats rigolos.
Ce n’est qu’au volume 15 que le manga saura enfin innover, avec surtout quelques chapitres totalement délirant dans un genre qui n’est pas sans rappeler Ranma ½ .
La série s’achève aux Etats-Unis, avec notre héros participant à un tournois senior, dans le but d’arrêter un certain RD, un monstre recherché par la police.
Oui ! C’est formidable ! Après tant de combats répétitifs, la série à quand même réussi à se terminer sur quelque chose ! Lors du volume 18, l'histoire reçoit un point qu'on espère final, avec la fin de l'ascencion de Noritaka lors d'un ultime combat. Certains ont dit beaucoup de mal de cette conclusion, mais je pense qu'ils ont tord. Explication.
Avant cet affrontement contre Micha (la brute en question), on voit Noritaka se battre contre tous ses anciens adversaires. C'est le fameux "médicament" du coach Maruyama. Cet entraînement a pour objet de lui faire revoir toutes ses techniques. Je dis bien TOUTES. C'est ainsi qu'il parvient à vaincre son adversaire. Le fait que le combat soit suggéré peut décevoir, mais j'attire l'attention sur le fait qu'une baston explicité n'aurait jamais été qu'un combat de plus dans une série qui en comporte pourtant déjà beaucoup. Ce combat n'aurait en plus été qu'un passage en revue du savoir de notre ami. En d'autre terme, un résumé de la série. Un reproche, quand même : tout ça se passe un peu vite. Trois chapitres, c'est un peu court pour tout ce que je viens de raconter, ça donne l'impression que l'auteur voulait en finir au plus vite. Mais ce n'est peut-être qu'une impression ... Pour en finir avec les défauts, signalons l’absence de transition après certains combat comme celui de Goraev. Sitôt le KO effectué, il ne faut que quelques pages au manga pour trouver un nouveau gros bill de service.
Un mot sur la version française.
Je parle à peine 3 mots de japonais, mais inutile d’en savoir autant pour voir que c’est du travail vite fait.
Le sens de lecture a été francisé, ce qui a fait de notre héros un gaucher. Cela n’aurait pas été un gros problème, si seulement les traducteurs avaient adapté le texte en conséquence !
On retrouve ce concept du "droitier qui écrit de la main gauche" dans d’autres titres de Glénat comme Dragonball ou Gunmm.
A part ce détail, signalons l’aspect brouillon de certains tomes, preuve que Glénat travaille avec de simples scanners achetés 400 balles à Auchan. Plus embêtant, l’aspect dominant de la culture japonaise qui n’a hélas pas toujours été traduite avec succès. Il arrive donc qu’un texte n’ai pas vraiment de rapport avec l’image qu’il est censé commenter.
Bilan ?
De part sa répétitivité, "Hakaiô Noritaka" ne pourra jamais être considéré comme un manga culte, mais les amateurs de manga violents ou délirants seront pleinement satisfaits par ce titre.
Les autres s’amuseront des trois premiers tomes, et passeront leurs chemins.
Le mot de la fin :
"Je gagnerais, Adrienne."

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